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U bevindt zich op: Home › Les Pays-Bas › À propos des Pays-Bas › Histoire › L'hymne national
Le Wilhelmus est l’hymne national néerlandais officiel depuis
1932.
Cet acrostiche dédié à Guillaume d’Orange est composé de quinze
huitains, dont on chante généralement le premier et le sixième dans
les cérémonies officielles. Dans le premier, le prince d’Orange
affirme sa fidélité indéfectible à sa patrie, et dans le sixième,
il prie Dieu de lui donner la force nécessaire pour chasser la
tyrannie. Ces deux strophes ont toujours particulièrement ému le
peuple néerlandais en période d’oppression.
Histoire
Datant de la fin du XVIe siècle, alors que le « God save the Queen
» anglais et la « Marseillaise » française sont beaucoup plus
récents – respectivement de 1745 et de 1792 –, le Wilhelmus est
sans doute le plus ancien hymne national au monde. Inspiré par des
chants plus anciens, il a été écrit entre 1569 et 1572. Il
semblerait que le texte original soit dû à un proscrit exilé en
Allemagne et que le poète et diplomate flamand Philippe de Marnix,
seigneur de Sainte-Aldegonde, ait contribué à sa version
définitive.
Dès le XVIe siècle, le Wilhelmus est souvent exécuté lors de cérémonies officielles ou d’événements importants, notamment à l’occasion du siège de Haarlem en 1573, de l’entrée du prince d’Orange à Bruxelles le 18 septembre 1578, de la visite du prince Maurice de Nassau à la ville de Breda et de son entrée à Amsterdam, en mai 1618.
Prinsenmars (Marche des princes)
Lorsqu’en 1787, après la restauration du stathoudérat, Guillaume V
vient à Schoonhoven, le carillon joue le Wilhelmus en continu,
alors rebaptisé sous le nom de Prinsenmars (Marche des Princes)
après son interdiction à l’époque des patriotes, anti-orangistes.
Le 16 décembre 1792, il est chanté en l’honneur de la naissance du
futur roi Guillaume II, à l’issue de la grand-messe en l’église de
Venlo. C’est également au son du Wilhelmus que, le 9 octobre 1794,
la garnison se retire de Bois-le-Duc, après la reddition de la
ville aux Français.
Wiens Neerlands Bloed (Qui a du sang
néerlandais)
Le Wilhelmus ne fait pourtant pas l’unanimité lors de la création
du Royaume des Pays-Bas, en 1813, au point d’être concurrencé en
1815 par un autre hymne national, choisi à la faveur d’un concours
dont un poème de Hendrik Tollens était sorti vainqueur. Ce poème
intitulé Wiens Neerlands Bloed (Qui a du sang néerlandais) avait
été mis en musique par le compositeur J.W. Wilms.
Dans le courant du XIXe siècle, le Wiens Neerlands Bloed cède progressivement la place à son rival. Pendant la lutte entre le Nord et le Sud des Pays-Bas (aux environs de 1830), le Wilhelmus bénéficie d’un regain de popularité, au point qu’il est même joué et chanté lors de la promulgation de nouvelles lois. Il retentit également à l’occasion de l’inauguration à La Haye en 1869, du monument commémorant l’indépendance des Pays-Bas, et de l’intronisation de la reine Wilhelmine en 1898.
Décret royal
C’est le 10 mai 1932 que, par décret royal, le Wilhelmus devient
l’hymne national officiel des Pays-Bas. Toutefois, jusqu’en 1939,
les règlements de la Marine royale et de la Police nationale
prescrivent que les honneurs soient rendus pendant l’exécution du
Wiens Neerlands Bloed et du Wilhelmus.
Contexte
En 1568, le prince Guillaume d’Orange, qui a fui les Pays-Bas en
1567 en compagnie de milliers d’opposants à la domination
espagnole, tente en vain de libérer son pays de la tyrannie de
Philippe II et des persécutions religieuses. Trois tentatives
d’invasion avec l’aide de mercenaires, à partir du Saint Empire
romain germanique, échouent.
Dans son chant, l’auteur du Wilhelmus apporte un soutien moral à Guillaume d’Orange, mais son texte est aussi un manifeste destiné à gagner la sympathie des souverains germaniques pour ce prince qui lutte d’égal à égal pour obtenir la liberté religieuse et ne se comporte pas comme un vassal rebelle à l’autorité de son souverain légitime, le roi d’Espagne.
Dans le Wilhelmus, le prince d’Orange s’adresse au peuple néerlandais opprimé, dans la situation particulièrement difficile et dramatique où il se trouve. Dans une harangue au ton exalté, le prince affirme sa loyauté et sa fermeté et expose les raisons profondes de son opposition au roi d’Espagne. Aux sixième et septième strophes, il interrompt son discours par une prière.
Le prince réconforte ses partisans, tout en les appelant à la lutte et en les exhortant à obéir à Dieu. Dans ce psaume guerrier, le poète compare Guillaume d’Orange à David, qui dut fuir Saül, le premier roi d’Israël, avant de monter lui-même sur le trône. Il le recommande au peuple comme le chef désigné de la lutte contre le roi d’Espagne Philippe II.
Mélodie
L’air du Wilhelmus, qui alterne des rythmes à trois et à quatre
temps, s’inspire d’une chanson de soldats populaire en France vers
1569, dont l’origine remonte vraisemblablement au siège de
Chartres. On en trouve mention pour la première fois dans le
Deuchdelijke Solutien, publié à Anvers en 1574. La mélodie en a été
reprise par le compositeur Adriaen Valerius (1575-1625 env.). Le
Wilhelmus fait partie depuis 1626 d’un recueil de chants resté très
célèbre aux Pays-Bas, le Gedenck-clanck de Valerius. C’est
l’arrangement réalisé en 1932 par Walther Boer qui est aujourd’hui
la version officielle du Wilhelmus.
Composition
Le Wilhelmus est composé dans le style des rhétoriqueurs du XVIe
siècle, comme en témoigne l’utilisation de l’acrostiche : les
initiales de chaque strophe forment le nom de Guillaume de Nassau
(Willem van Nassov, en ancien néerlandais). Autre élément
caractéristique de la composition : l’unité d’idée entre des
strophes symétriques (1 et 15, 2 et 14, 3 et 13, etc.), convergeant
vers la strophe qui constitue le cœur du poème : « David dut fuir
la haine de Saül, le tyran. » Par la sobriété de la langue et
l’émotion authentique qui s’en dégage, le Wilhelmus s’élève
nettement au-dessus de la production littéraire des
rhétoriqueurs.
Guillaume je m’appelle,
Nassau des Pays-Bas,
À la patrie fidèle
Toujours, jusqu’au trépas :
Je suis Prince d’Orange
Et reste franc sans peur :
Du Souverain d’Espagne
J’ai maintenu l’honneur.
Je crains mon Dieu, mon Maître ;
L’ayant toujours servi,
Je fus chassé pour être
Sans peuple, sans pays.
Mais le Seigneur me traite
Comme un bon instrument ;
J’attends qu’il me remette
Dans mon gouvernement.
L’épreuve vous oppresse,
Mes bons sujets tout francs ;
Mais Dieu ne vous délaisse
Jamais dans vos tourments.
Qui de l’aimer s’efforce,
L’invoque nuit et jour,
Afin que j’aie la force
De vous porter secours.
Les biens, la vie entière,
Pour vous j’ai tout risqué ;
Mes très illustres frères
Pour vous ont tout quitté ;
Adolphe offrit sa vie
En Frise, au champ fameux ;
Son âme, en la patrie,
Attend le jour de Dieu.
Au Chef du Saint Empire
Je dois naissance et rang,
D’un Prince ayant le titre.
Comme un chrétien fervent,
Pour la parole sainte
J’ai intrépidement,
Tel un héros sans crainte,
Risqué mon noble sang.
Ma force, ma défense,
Seigneur, est dans ton bras ;
En Toi j’ai confiance,
Ne m’abandonne pas.
Fais moi, toute ma vie,
Rester ton serviteur,
Chasser la tyrannie,
Qui m’a percé le cœur.
Emporte tous les pièges
Mon Dieu, garde et protège
Ton digne serviteur.
Que nul jamais n’atteigne
Ses criminelles fins,
Que nul jamais ne baigne
Dans son sang pur les mains.
David dut fuir la haine
De Saül, le tyran.
J’ai dû gémir en peine
Avec maint noble et grand.
Mais Dieu fit sa victoire,
De tous maux le sauva ;
Au trône de la gloire
Israël l’éleva.
Enfin, l’épreuve amère
Fondra dans la douceur,
Qu’un noble Prince espère
De Dieu, son vrai Seigneur.
Puissé-je voir ma vie
Finir au champ d’honneur,
Toujours dans la patrie
Être un héros vainqueur.
Non, rien ne m’est contraire,
Dans mes malheurs et croix,
Autant que la misère
Des bons Pays du Roi.
Les Espagnols t’oppressent,
Ô noble et doux pays.
Ces souvenirs me laissent
Le cœur saignant, meurtri.
Ardents sur nos montures,
Beau prince et grands soldats,
Du fier tyran parjure
Nous voulions le combat.
Mais sous Maestricht l’alarme
Le retenait au camp.
Mes cavaliers en armes
Hardis foulaient ces champs.
Si Dieu puissant et sage
L’avait alors voulu,
J’aurais chassé l’orage
Qui vous tient abattus ;
Mais le Seigneur céleste,
Qui tout règle et conduit,
Qu’il faut bénir sans cesse,
Lors ne l’a point permis.
Si chrétienne et vaillante
Fut ma princière ardeur,
Qu’elle est restée constante
Malgré tous les malheurs.
Je prie avec instance
Mon Dieu, d’un cœur aimant,
Qu’il prenne ma défense,
Me proclame innocent.
Adieu, troupeau que j’aime,
Adieu pauvre oppressé.
Mais ton pasteur quand même
Te garde, dispersé.
À Dieu je te confie ;
Écoute ton Sauveur ;
Chrétienne soit ta vie ;
Bientôt ici tout meurt.
Voici que je proclame
Devant le Dieu puissant ;
Je n’ai honni dans l’âme
Le Roi un seul instant.
Mais au Seigneur, mon Maître,
Suprême Majesté,
J’ai bien dû me soumettre ;
Justice m’a guidé.
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